Monday, June 11, 2007

Altérité

Au niveau des relations humaines, on pourrait énoncer une loi qui dirait qu’on ne reçoit qu’à la mesure de ce que l’on donne. De là, si on ne reçoit pas à la hauteur de ses attentes, il est toujours utile de vérifier la nature de ce que l’on donne (ou croit donner) aux autres.

Or, en tant qu’êtres humains, nous sommes taraudés par un besoin essentiel : le besoin d’exister - exister à nos propres yeux et exister aux yeux d’autrui. De plus, les êtres humains sont ainsi faits qu’ils ont tendance à mettre à distance les situations ou les personnes qui ne répondent pas à ce besoin fondamental : ils perçoivent intuitivement que la situation ou la personne en question n’est pas à même de les faire exister, cette personne étant peut être elle-même trop focalisée sur ses propres doutes quant à la validité de sa propre existence… au point de ne pas percevoir les besoins d’autrui ; en fait, elle ne revendique que les siennes propres.


En d’autres termes, plus on veut exister (c’est-à-dire recevoir de l’extérieur des messages qui rassure sur son existence, son identité, sa valeur), en y mettant beaucoup d’énergie, plus on nie, sans s’en rendre compte, à autrui la possibilité d’exister… et autrui, ne se sentant pas pris en compte, bat en retraite et se retire… Alors qu’on a l’impression de faire une démarche vers les autres, il est possible que celle-ci soit entachée d’un tel désir d’être validé et reconnu par autrui que c’est finalement le seul message qu’on arrive inconsciemment à faire passer. Celui-ci risque même d’être perçu par autrui comme une sorte de « traquenard » qui n’aurait que pour seul objectif d’attirer à soi leurs regards et leur attention, quand bien même il aurait l’apparence d’une ouverture…

Je crois que l’erreur ici serait de se poser en tant que victime par rapport à ces personnes, alors que, dans ce cas, on est d’abord victime… de soi-même. A trop accuser autrui en pensant qu’ils nous abandonnent, je crois qu’on perd de vue le fait qu’on s’abandonne d’abord soi même.

Et que constate-t-on ? Autrui répond à ce mouvement intérieur : quand on cesse de les « utiliser » pour se faire exister, les autres sentent intuitivement qu’ils ont une vraie place dans la relation ; ils se sentent moins « instrumentalisés » pour servir nos propres besoins, et, se sentant à leur tour « existant » dans la relation (parce que maintenant ils sont vraiment regardés), ils y trouvent la satisfaction de leurs propres besoins d’exister. Il s’installe donc une reconnaissance les uns des autres et il en découle alors une gratitude mutuelle qui donne une saveur toute particulière à la relation. Chacun se sent respecté, accepté, « nourri » par l’autre. Il y a de la générosité dans tout cela. Mais elle ne s’installe que quand on accepte de prendre soin de soi, en se confrontant directement aux fantômes de son passé…

Christophe Fauré

C'est pour ça, entre autre, que mon ex l'est devenu : il ne voulait que l'on ne voit que lui (c'est clair?!).
Il n'y en avait que pour lui, alors sa copine actuelle doit tout à fait le combler, mais bon il n'était pas aussi cultivé que je l'aurais souhaité et ça je me rends compte que ça compte beaucoup...

1 Comments:

Blogger Imaginair' said...

Joli texte. Un peu long et compliqué à tout appréhender en une seule fois. C'est toute l'ambivalence entre aimer et être aimé. On cherche souvent à se rassurer.
Par contre, il y a plein de variante à partir de ce postulat. Cela dépend de la personnalité que l'on s'est forgé : dominer, être dominé etc.

13/6/07 2:42 PM  

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